La théorie ne sert que si elle passe par les doigts. Rejoignez gratuitement le Club Guitar Social Club : manche interactif, générateurs de progressions et de diagrammes sont ouverts dès le compte. Et pour relever, écrire et garder ce que vous travaillez, Partition Studio prend le relais.
Reconnaître les intervalles à la guitare, ce n’est pas deviner des noms dans un quiz.
C’est beaucoup plus utile que cela.
C’est apprendre à entendre les distances entre les notes. À reconnaître leurs couleurs. À sentir si une note repose, frotte, éclaire, assombrit, suspend ou demande à résoudre.
Quand on parle d’oreille musicale, on imagine souvent un don mystérieux. Certains auraient “l’oreille”, d’autres non.
Je n’y crois pas beaucoup.
L’oreille se construit. Elle se cultive. Elle se relie au geste, au manche, aux accords, aux morceaux. Et surtout, elle se travaille dans le bon ordre.
Reconnaître les intervalles, ce n’est donc pas un examen.
C’est une manière de reprendre le contrôle de ce que l’on joue.
Testez votre oreille avec l’entraînement auditif GSC.
Passer à la pratiqueÀ retenir
Pour reconnaître les intervalles à la guitare, ne commencez pas par apprendre une liste abstraite.
Travaillez en quatre étapes :
- écouter ;
- chanter ;
- retrouver sur le manche ;
- utiliser dans une phrase.
Un intervalle doit devenir :
- une distance sous les doigts ;
- une couleur dans l’oreille ;
- un rôle dans la musique.
Le but n’est pas de dire “tierce mineure” plus vite que tout le monde.
Le but est d’entendre ce que cette tierce mineure produit dans un accord, une mélodie, un riff ou un solo.
Pourquoi reconnaître les intervalles change vraiment le jeu
Quand vous reconnaissez les intervalles, vous commencez à mieux comprendre ce que vous entendez.
Vous écoutez une phrase et vous vous dites :
- ça monte d’un ton ;
- ça repose sur une quinte ;
- ça frotte avec une seconde mineure ;
- ça sonne mineur à cause de la tierce ;
- ça tire vers l’octave avec une septième majeure.
Ce n’est pas pour faire savant.
C’est pour pouvoir retrouver les sons.
Une oreille qui reconnaît les distances peut guider les doigts. Une oreille qui ne les reconnaît pas dépend beaucoup plus des formes visuelles, des tablatures et de la mémoire mécanique.
La théorie devient utile quand elle permet cela : entendre → comprendre → retrouver → rejouer
Le piège : apprendre les intervalles comme des étiquettes
Le mauvais réflexe consiste à prendre une liste :
- seconde mineure ;
- seconde majeure ;
- tierce mineure ;
- tierce majeure ;
- quarte juste ;
- triton ;
- quinte juste ;
- ….
puis à essayer de les reconnaître comme si l’on apprenait des cartes de vocabulaire.
Cela peut fonctionner un peu.
Mais c’est fragile.
Parce qu’un intervalle n’est pas seulement un nom. C’est une sensation.
La tierce mineure n’est pas seulement “trois demi-tons”.
C’est une couleur mineure, blues, intérieure, expressive.
La quinte juste n’est pas seulement “sept demi-tons”.
C’est une stabilité.
La septième mineure n’est pas seulement “dix demi-tons”.
C’est une couleur blues, dominante, tendue.
Voilà ce qu’il faut apprendre à entendre.
Avant les noms : la direction et la taille du mouvement
Avant de reconnaître une tierce ou une quinte, posez une question beaucoup plus simple : la deuxième note monte-t-elle, descend-elle ou reste-t-elle identique ?
Cette compétence paraît élémentaire. C’est pourtant la base de tout relevé de mélodie.
Sur la corde de Si, jouez Do (1re case) puis Ré (3e case) : ça monte. Jouez Ré puis Do : ça descend. Jouez Do puis Do : la hauteur ne change pas. Faites-vous jouer des paires de notes, ou enregistrez-en quelques-unes, et répondez seulement « monte », « descend » ou « identique ».
Ajoutez ensuite la taille du mouvement. Toujours sur une seule corde, comparez :
Do → Ré: un pas, la phrase avance par proximité ;Do → Mi: un écart intermédiaire ;Do → Sol: un saut, la phrase change nettement de registre ;Do → Do aigu: l’octave, la même note plus haut.
Répondez « proche », « intermédiaire », « large » ou « octave ». Votre oreille apprend d’abord à classer les mouvements ; elle donnera ensuite un nom exact à chacun. Cette boussole évite déjà de tester des cases au hasard quand vous relevez une mélodie. Pour aller plus loin sur ce premier repère, lisez entendre si une note monte ou descend.
Mélodique ou harmonique : deux écoutes différentes
Un intervalle mélodique fait entendre les deux notes l’une après l’autre (Do → Mi) : vous percevez un mouvement. C’est l’écoute qui sert à relever une mélodie, retrouver un riff, suivre une ligne de basse ou improviser.
Un intervalle harmonique fait sonner les deux notes ensemble (Do + Mi) : vous percevez une couleur. C’est l’écoute qui sert à reconnaître une tierce majeure ou mineure dans un accord, à distinguer consonance et tension, à entendre un voicing.
Les deux sont utiles, mais ne les mélangez pas au départ. Commencez par les intervalles mélodiques, que votre voix et le manche permettent de vérifier facilement, puis ajoutez les harmoniques. La différence est détaillée dans intervalle mélodique ou harmonique.
Commencer avec peu d’intervalles
Ne commencez pas avec douze intervalles d’un coup.
C’est le meilleur moyen de se décourager.
Commencez avec quatre couleurs très différentes :
| Élément | Notes |
|---|---|
| seconde mineure | tension serrée |
| tierce mineure | couleur mineure |
| tierce majeure | couleur majeure |
| quinte juste | stabilité |
Puis ajoutez progressivement :
| Élément | Notes |
|---|---|
| quarte juste | suspension ou appui |
| triton | tension instable |
| septième mineure | blues / dominante |
| septième majeure | élégance sous l’octave |
On ne construit pas l’oreille en surchargeant le cerveau.
On la construit en clarifiant les contrastes.
Si même ces quatre couleurs se mélangent encore, reculez d’un cran : l’unisson (la même note) et l’octave (la même note dans un autre registre) sont les repères les plus stables qui soient. Ils construisent le cadre dans lequel les autres intervalles viendront se placer.
Étape 1 : écouter sans regarder
C’est plus difficile qu’on ne croit.
Quand on regarde le manche, les yeux prennent souvent le pouvoir. On reconnaît une forme avant d’entendre une couleur.
Pour entraîner l’oreille, il faut parfois retirer les yeux de l’équation.
Demandez à quelqu’un de jouer deux notes. Ou utilisez un outil d’entraînement auditif. Écoutez d’abord sans chercher sur le manche.
Posez simplement la question :
- est-ce que ça serre ? ;
- est-ce que ça ouvre ? ;
- est-ce que ça repose ? ;
- est-ce que ça veut résoudre ? ;
- est-ce que ça sonne majeur ? ;
- est-ce que ça sonne mineur ?.
Ce sont de très bonnes questions.
Elles sont plus utiles au départ que de chercher immédiatement le nom parfait.
Étape 2 : chanter avant de jouer
C’est peut-être l’exercice le plus important.
Avant de chercher une note sur la guitare, chantez-la.
Même si vous chantez mal.
Ce n’est pas un concours de chant. C’est un test d’oreille interne.
Si vous entendez vraiment une distance, vous devez pouvoir la reproduire, même approximativement, avec la voix.
Exemple :
- jouer Do ;
- chanter Mi ;
- vérifier sur la guitare.
Ou :
- jouer La ;
- chanter Do ;
- vérifier sur la guitare.
Quand la voix précède les doigts, l’oreille prend le contrôle.
Quand les doigts précèdent toujours l’oreille, on risque de jouer par réflexe visuel.
Étape 3 : retrouver sur le manche
Une fois l’intervalle chanté, retrouvez-le sur le manche.
Commencez sur une seule corde.
C’est le plus simple pour vérifier la distance : une case correspond à un demi-ton. Prenez la corde de Si et partez de Do, en 1re case.
| Intervalle | Distance | Note depuis Do | Case sur la corde de Si |
|---|---|---|---|
| seconde mineure | 1 case | Réb | 2e case |
| seconde majeure | 2 cases | Ré | 3e case |
| tierce mineure | 3 cases | Mib | 4e case |
| tierce majeure | 4 cases | Mi | 5e case |
| quarte juste | 5 cases | Fa | 6e case |
| triton | 6 cases | Fa# | 7e case |
| quinte juste | 7 cases | Sol | 8e case |
| sixte mineure | 8 cases | Lab | 9e case |
| sixte majeure | 9 cases | La | 10e case |
| septième mineure | 10 cases | Sib | 11e case |
| septième majeure | 11 cases | Si | 12e case |
| octave | 12 cases | Do | 13e case |
Ne jouez pas toute la série mécaniquement : prenez deux ou trois lignes à la fois, par exemple Do → Ré, Do → Mib, Do → Mi et Do → Sol. Jouez, chantez, fermez les yeux, rejouez, et demandez-vous : petit pas, couleur mineure, couleur majeure ou stabilité ouverte ?
Mais ne restez pas coincé dans le calcul.
Le calcul sert au début.
Ensuite, il faut reconnaître la forme, le son et le rôle musical.
Le manche interactif Guitar Social Club est utile pour visualiser ces distances et les relier aux notes, gammes et accords.
Changer de note de départ
Un intervalle n’est pas une mélodie figée : c’est une relation. Si vous ne l’entendez que depuis Do, votre oreille mémorise un exemple, pas une couleur. Jouez la même tierce majeure depuis plusieurs notes, toujours sur une seule corde :
Do → Mi;Ré → Fa#;Mib → Sol;Sol → Si;La → Do#.
Jouez le départ, chantez la cible, comptez quatre cases si besoin, jouez-la, vérifiez, puis recommencez ailleurs.
Changer de position
Une même relation peut se jouer à plusieurs endroits. La quinte Do → Sol se trouve sur la corde de Si (1re case, puis 8e case), mais aussi entre deux cordes : Do en 5e case de la corde de Sol, Sol en 8e case de la corde de Si. Le trajet visuel change, la quinte reste une quinte.
Sur les cordes graves, jouez le Mi grave à vide puis le Si en 2e case de la corde de La : encore une quinte. Jouez les deux notes ensemble et vous obtenez la base d’un power chord. L’intervalle rejoint immédiatement la guitare réelle.
Votre oreille doit reconnaître la relation même quand la corde, le registre ou la forme changent. Le manche devient sonore, pas seulement géométrique.
Écouter aussi dans l’autre sens
Les exercices commencent souvent par des intervalles qui montent. Une mélodie réelle descend tout autant. Depuis le Do aigu (13e case de la corde de Si), descendez vers Sib (une seconde majeure plus bas), Lab (une tierce majeure), Sol (une quarte juste), puis Fa (une quinte juste). Rejouez ensuite Fa → Mi et Ré → Do après les avoir joués en montant.
Si vous reconnaissez un intervalle quand il monte mais pas quand il descend, travaillez la descente séparément quelques jours.
Étape 4 : mettre en contexte
Un intervalle isolé est utile pour commencer.
Mais la musique n’est pas faite de sons isolés.
La vraie reconnaissance arrive quand l’intervalle est entendu dans un contexte : un accord, une tonalité, une basse, une progression.
Une tierce majeure n’a pas seulement une distance de quatre demi-tons.
Elle éclaire une fondamentale.
Une septième mineure n’est pas seulement dix demi-tons.
Elle donne une couleur de dominante ou de blues.
Une seconde mineure peut sembler fausse si elle est isolée, mais magnifique si elle approche une note cible.
C’est pour cela que l’entraînement auditif guitare de GSC travaille en contexte tonal : l’oreille apprend mieux quand elle entend des fonctions musicales, pas seulement des fréquences abstraites.
L’intervalle vous indique la distance. La tonalité vous indique la fonction. Do → Ré et Sol → La sont deux secondes majeures, mais dans Do majeur, Ré est le deuxième degré : il ouvre et appelle une suite. Sans ce travail, vous risquez de reconnaître une tierce majeure dans un quiz sans entendre qu’une note joue réellement le rôle de tierce de l’accord.
Travailler avec une tonique tenue
Un drone (une note tenue en continu) est l’outil le plus simple pour entendre cette fonction. Lancez un Do tenu, puis chantez ou jouez chaque degré de la gamme en revenant à Do entre chaque note :
| Séquence | Intervalle depuis Do | Ce que vous entendez souvent |
|---|---|---|
Do → Ré → Do |
seconde majeure | une ouverture |
Do → Mi → Do |
tierce majeure | la couleur majeure affirmée |
Do → Fa → Do |
quarte juste | une tension particulière |
Do → Sol → Do |
quinte juste | une stabilité forte |
Do → La → Do |
sixte majeure | une couleur plus ample |
Do → Si → Do |
septième majeure | une forte attraction vers Do |
Ces mots restent imparfaits : notez aussi vos propres sensations. La mémoire auditive tient mieux quand elle relie une note à une impression réelle. Vous ne collectionnez plus des distances, vous entendez un paysage autour d’un centre. Ce travail est prolongé dans entendre tension et repos et les intervalles en contexte tonal.
Écouter une phrase, pas une paire isolée
Une mélodie n’est pas une succession de cartes séparées. Prenez Do → Ré → Mi → Sol → Mi → Ré → Do :
| Mouvement | Intervalle |
|---|---|
Do → Ré |
seconde majeure ascendante |
Ré → Mi |
seconde majeure ascendante |
Mi → Sol |
tierce mineure ascendante |
Sol → Mi |
tierce mineure descendante |
Mi → Ré |
seconde majeure descendante |
Ré → Do |
seconde majeure descendante |
Jouez-la sur une seule corde, puis dans une position compacte, puis chantez-la sans guitare. Le but n’est pas de penser « seconde, seconde, tierce » à chaque note, mais d’entendre « montée progressive, saut, retour, résolution ». Les noms servent à préciser ce que l’oreille commence déjà à comprendre.
Les repères de couleur à installer
Voici une carte simple.
Elle n’est pas parfaite, parce que chaque intervalle change selon le contexte. Mais elle aide à démarrer.
| Élément | Notes |
|---|---|
| seconde mineure | tension serrée |
| seconde majeure | pas mélodique simple |
| tierce mineure | couleur mineure / blues |
| tierce majeure | couleur majeure |
| quarte juste | suspension / appui |
| triton | tension instable |
| quinte juste | stabilité |
| sixte mineure | couleur sombre / expressive |
| sixte majeure | couleur lumineuse / soul / dorien |
| septième mineure | blues / dominante |
| septième majeure | élégance / tension douce sous l’octave |
| octave | même note, autre registre |
L’objectif n’est pas de réciter cette liste.
L’objectif est de la vérifier avec la guitare.
Jouez. Écoutez. Chantez. Comparez.
La méthode des contrastes
L’oreille apprend très bien par contraste.
Ne travaillez pas seulement un intervalle isolé.
Comparez deux couleurs proches.
Seconde mineure / seconde majeure
Do → RébDo → Ré
Une case contre deux cases.
Tension serrée contre mouvement plus ouvert.
Tierce mineure / tierce majeure
La → DoLa → Do#
Couleur mineure contre couleur majeure.
Triton / quinte juste
Do → Fa#Do → Sol
Instabilité contre stabilité.
Septième mineure / septième majeure
Do → SibDo → Si
Couleur blues/dominante contre élégance proche de l’octave.
Ce travail est beaucoup plus efficace que d’écouter dix intervalles au hasard sans grille de lecture.
Reconnaître les intervalles dans les accords
Les intervalles sont partout dans les accords.
Prenons C majeur :
Do - Mi - Sol
Vous avez :
| Élément | Notes |
|---|---|
| Do → Mi | tierce majeure |
| Do → Sol | quinte juste |
Prenons Am :
La - Do - Mi
Vous avez :
| Élément | Notes |
|---|---|
| La → Do | tierce mineure |
| La → Mi | quinte juste |
Prenons G7 :
Sol - Si - Ré - Fa
Vous avez :
| Élément | Notes |
|---|---|
| Sol → Si | tierce majeure |
| Sol → Ré | quinte juste |
| Sol → Fa | septième mineure |
| Si → Fa | triton |
Reconnaître les intervalles, ce n’est donc pas un exercice séparé des accords.
C’est ce qui permet de comprendre leur couleur.
Reconnaître les intervalles dans les solos
Dans un solo, les intervalles donnent la direction de la phrase.
Si vous jouez seulement des positions, vous risquez de ne pas entendre ce que vous racontez.
Mais si vous reconnaissez les intervalles, vous pouvez vous dire :
- je pars de la fondamentale ;
- je monte vers la tierce mineure ;
- je vise la quinte ;
- je crée une tension avec la septième ;
- je résous vers une note cible.
Ce n’est pas forcément conscient à chaque seconde.
Mais au travail, il faut le rendre conscient.
Puis, petit à petit, cela devient naturel.
C’est exactement le lien avec notes cibles sur le manche.
Une note cible est plus facile à viser quand on entend l’intervalle qui y mène.
Exercice simple : jouez un accord de Do majeur, puis improvisez une mini-phrase de trois ou quatre notes. Terminez-la successivement sur Do, Mi, Sol, Ré, Fa, puis Si, en posant la dernière note sur le premier temps. Vous entendrez probablement Do comme un repos très marqué, Mi comme la couleur majeure, Sol comme une stabilité ouverte, Ré comme une ouverture, Fa comme une tension et Si comme une forte attraction vers Do. Ne cherchez pas une règle absolue : écoutez ce que produit chaque note d’arrivée dans ce contexte.
Les chansons repères : utile, mais pas suffisant
On enseigne souvent les intervalles avec des chansons repères.
Par exemple :
cet intervalle ressemble au début de tel morceau
C’est utile.
Mais attention : ce n’est qu’une béquille.
Le risque est de reconnaître une chanson, pas l’intervalle.
Dans la musique réelle, le même intervalle peut apparaître dans un autre registre, une autre tonalité, une autre direction, avec un autre timbre, un autre rythme ou à l’intérieur d’un accord. La chanson repère ne couvre qu’un seul de ces cas.
L’idéal est d’utiliser les chansons repères au début, puis de revenir à la guitare :
- j’entends la couleur ;
- je la chante ;
- je la rejoue depuis plusieurs notes et dans l’autre sens ;
- je la retrouve sur le manche ;
- je l’utilise dans une phrase.
C’est seulement là que l’intervalle devient vraiment musical. Pour choisir vos chansons repères, intervalle par intervalle, voyez les chansons repères pour reconnaître les intervalles.
Utiliser l’entraînement auditif dans le bon ordre
Un quiz d’intervalles est utile, à condition de ne pas cliquer au hasard. Avec l’entraînement auditif guitare, suivez cet ordre :
- Réduire : deux ou trois intervalles seulement, par exemple seconde majeure, tierce mineure et tierce majeure.
- Écouter : ne cliquez pas tout de suite, chantez d’abord la relation.
- Répondre : formulez une hypothèse.
- Jouer : retrouvez l’intervalle sur une corde juste après la réponse.
- Transposer : rejouez-le depuis une autre note.
- Mettre en contexte : utilisez-le sur un drone ou dans une mini-phrase.
- Élargir : ajoutez un nouvel intervalle seulement quand les premiers sont fiables.
L’entraîneur ne remplace pas votre guitare. Il organise une partie de votre pratique.
Routine de 10 minutes
2 minutes : écouter deux intervalles seulement
Choisissez deux contrastes.
Exemple :
- tierce mineure ;
- tierce majeure.
Écoutez-les sans regarder.
2 minutes : chanter
Jouez La.
Chantez Do.
Puis chantez Do#.
Vérifiez sur la guitare.
2 minutes : retrouver sur le manche
Trouvez les deux intervalles sur une corde, puis dans une position plus musicale.
La → DoLa → Do#
2 minutes : mettre dans des accords
Jouez :
- Am ;
- A.
Écoutez la note qui change.
2 minutes : créer une phrase
Sur Am :
La - Do - Mi - Do - La
Sur A :
La - Do# - Mi - Do# - La
Ce petit exercice relie oreille, manche, accord et phrase.
C’est exactement ce qu’il faut faire.
Progression sur quatre semaines
Si vous voulez travailler sérieusement, faites simple.
Semaine 1 : majeur / mineur
Travaillez :
- tierce mineure ;
- tierce majeure ;
- quinte juste.
Objectif : entendre couleur mineure, couleur majeure, stabilité.
Semaine 2 : tensions proches
Travaillez :
- seconde mineure ;
- seconde majeure ;
- septième majeure.
Objectif : entendre tension serrée, pas mélodique, note sous l’octave.
Semaine 3 : blues et dominante
Travaillez :
- septième mineure ;
- triton ;
- tierce mineure.
Objectif : entendre blues, dominante, blue note, tension/résolution.
Semaine 4 : couleurs larges
Travaillez :
- sixte mineure ;
- sixte majeure ;
- octave.
Objectif : entendre espace, couleur sombre, couleur lumineuse, autre registre.
Dix minutes par jour suffisent si vous êtes régulier.
Ne passez pas à la semaine suivante parce que vous avez obtenu trois bonnes réponses. Passez-y quand vous savez chanter ces intervalles approximativement, les retrouver sur une corde, les jouer depuis plusieurs notes, les reconnaître dans les deux directions et les utiliser dans une phrase.
Comment mesurer vos progrès
Votre premier progrès n’est pas d’obtenir 100 % de bonnes réponses. C’est d’entendre davantage avant de cliquer.
| Question à vous poser | Ce que ça montre |
|---|---|
| Entendez-vous plus vite si une note monte ou descend ? | votre boussole s’installe |
| Distinguez-vous mieux un pas d’un saut ? | le contour des mélodies devient clair |
| Distinguez-vous tierce mineure et tierce majeure ? | votre écoute des accords progresse |
| Repérez-vous davantage les quintes dans les riffs ? | votre oreille rejoint la guitare |
| Retrouvez-vous un intervalle dans plusieurs zones ? | votre manche devient plus libre |
| Entendez-vous mieux les degrés sur un drone ? | votre perception de la tonalité grandit |
| Relevez-vous plus facilement une mini-phrase ? | le travail passe dans la musique |
Et si quelque chose bloque :
- vous répondez encore au hasard : réduisez à deux intervalles très contrastés ;
- vous reconnaissez l’intervalle dans l’outil mais pas sur la guitare : jouez-le immédiatement après chaque réponse ;
- vous réussissez en montant mais pas en descendant : travaillez une direction à la fois ;
- les septièmes vous découragent : revenez quelques jours aux secondes, aux tierces et aux quintes ;
- vous trouvez les notes mais pas la tonalité : reprenez le drone.
Les erreurs fréquentes
Vouloir reconnaître tous les intervalles trop vite
Commencez avec peu d’intervalles. L’oreille a besoin de contrastes clairs.
Travailler sans chanter
La voix est le pont le plus direct entre l’oreille interne et le manche.
Travailler seulement avec les yeux
Si vous regardez toujours les cases, vous reconnaissez parfois la forme plus que le son.
Travailler hors contexte trop longtemps
Un intervalle isolé aide au départ. Mais il faut vite le relier à un accord, une tonalité ou une phrase.
Travailler seulement les intervalles qui montent
Une mélodie descend aussi souvent qu’elle monte. Ajoutez les descentes dès que les montées deviennent familières.
Rester dans l’application
Le quiz organise l’entraînement, la guitare le rend utile. Prenez l’instrument après chaque série.
Confondre distance et fonction
Reconnaître une quinte ne dit pas encore quel rôle joue la note dans la tonalité. Le drone et les accords font ce lien.
Croire que se tromper veut dire “ne pas avoir l’oreille”
Non. Se tromper fait partie de l’apprentissage. L’oreille se calibre par comparaison.
Construire cette oreille en contexte
Reconnaître les intervalles demande de la répétition, mais pas n’importe laquelle.
Il faut répéter dans un contexte musical.
Avec l’entraînement auditif guitare, vous pouvez travailler les intervalles, accords, cadences et rythmes dans un contexte tonal, ce qui est beaucoup plus proche de la musique réelle qu’un simple son isolé.
L’objectif n’est pas de réussir un test.
L’objectif est que votre oreille commence à guider vos doigts.
Continuer votre progression
Pour avancer sans vous disperser :
- commencez par intervalles guitare : comprendre les distances entre les notes ;
- approfondissez avec oreille musicale guitare ;
- reprenez développer son oreille à la guitare ;
- travaillez chaque couleur : seconde mineure, seconde majeure, tierce mineure, tierce majeure, quarte juste, triton, quinte juste, sixte mineure, sixte majeure, septième mineure et septième majeure ;
- reliez les sons aux notes cibles sur le manche ;
- visualisez les distances avec le manche interactif Guitar Social Club ;
- entraînez l’écoute avec l’entraînement auditif guitare.
Questions fréquentes
Comment reconnaître les intervalles à la guitare ?
Quels intervalles apprendre en premier ?
Faut-il apprendre les intervalles avec des chansons repères ?
Pourquoi travailler les intervalles en contexte tonal ?
Faut-il commencer par les intervalles mélodiques ou harmoniques ?
Faut-il aussi travailler les intervalles descendants ?
Ce que vous savez maintenant
Reconnaître les intervalles à la guitare, ce n’est pas réussir un quiz.
C’est apprendre à entendre les couleurs.
| Élément | Notes |
|---|---|
| seconde mineure | tension serrée |
| tierce mineure | couleur mineure |
| tierce majeure | couleur majeure |
| quinte juste | stabilité |
| septième mineure | blues / dominante |
| septième majeure | élégance sous l’octave |
La méthode est simple :
- écouter ;
- chanter ;
- retrouver ;
- utiliser.
L’oreille doit guider les doigts.
Le manche doit confirmer ce que l’oreille entend.
Et la musique doit rester le but final.
Pas le nom de l’intervalle.
La couleur.
Pour aller plus loin
Relever, écrire, garder ce que vous jouez
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Votre prochaine étape
La théorie ne sert à rien si elle reste abstraite : elle doit expliquer ce que vos doigts jouent déjà, puis vous aider à construire la suite.
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