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Rythme et enregistrement studio : clic ou feeling ?

Rythme et enregistrement studio : clic ou feeling ?

Comprendre le rythme en studio à la guitare : jouer au clic, garder le feeling, analyser ses défauts et corriger son placement.

Par Yohann Abbou ·

Le rythme est souvent l’un des aspects les plus difficiles à maîtriser à la guitare. Comprendre ne suffit pas toujours, il faut aussi savoir comment le travailler concrètement. Découvrez Guitar Social Club , l’app pensée pour progresser avec des repères clairs.

Pour travailler comme en studio, combinez le métronome, l’enregistrement pour progresser et le placement rythmique guitare.

Guitariste enregistrant une prise pour analyser son rythme et son placement
L’enregistrement révèle l’écart entre ce que l’on ressent et ce que l’on joue vraiment.

Le rythme en studio est un révélateur impitoyable.

Chez soi, on peut avoir l’impression que tout va bien.

On joue une rythmique.
On sent le morceau.
On tape du pied.
On chante par-dessus.
On a l’impression d’être dedans.

Puis on s’enregistre.

Et là, quelque chose se passe.

Le tempo bouge.
Les changements d’accords tirent la mesure.
Les retours vers le haut sont trop forts.
Les silences ne sont pas nets.
Les accords arrivent un peu après le clic.
La main droite accélère dans les passages faciles.
La main gauche ralentit dans les passages difficiles.
Le refrain pousse trop.
Le couplet traîne.
Le groove semblait naturel, mais l’enregistrement dit autre chose.

C’est parfois dur à entendre.

Mais c’est une excellente nouvelle.

Parce que l’enregistrement ne ment pas.

Il ne juge pas.
Il ne se vexe pas.
Il ne flatte pas.
Il ne dramatise pas.
Il montre.

Et en rythme, montrer est déjà énorme.

Le grand débat du studio est souvent formulé ainsi :

clic ou feeling ?

Faut-il jouer au métronome ?
Faut-il garder une respiration naturelle ?
Faut-il tout caler ?
Faut-il accepter les fluctuations ?
Faut-il corriger ?
Faut-il quantifier ?
Faut-il laisser vivre ?

La vraie réponse est plus fine.

Le clic n’est pas l’ennemi du feeling.
L’ennemi du feeling, c’est le placement subi.

Si tu ralentis parce que tu veux créer une tension, c’est une intention.
Si tu ralentis parce que ta main gauche n’arrive pas à changer d’accord, c’est un problème.
Si tu pousses légèrement un refrain pour créer une urgence, c’est un choix.
Si tu accélères parce que ton bras se crispe, c’est une compensation.
Si tu joues derrière le temps pour donner du poids, c’est une couleur.
Si tu es toujours en retard sans le savoir, c’est une information à travailler.

Dans cet article, on va voir comment utiliser l’enregistrement studio comme un outil pédagogique :

  • comprendre pourquoi le ressenti peut être faux ;
  • distinguer clic et feeling ;
  • analyser les défauts de rythme sur une prise ;
  • repérer les ralentissements ;
  • écouter les accents, les durées et les silences ;
  • travailler une correction progressive ;
  • utiliser Guitar Social Club et Guitar Match & Play pour passer du flou à une routine claire.

L’objectif n’est pas de devenir une machine.

L’objectif est de devenir plus conscient.


Pourquoi l’enregistrement révèle autant de choses

Quand tu joues, ton attention est divisée.

Tu dois gérer :

  • la main droite ;
  • la main gauche ;
  • les accords ;
  • le tempo ;
  • le son ;
  • la mémoire ;
  • la respiration ;
  • la voix parfois ;
  • l’intention musicale ;
  • le stress ;
  • l’anticipation du passage suivant.

Pendant que tu joues, tu n’entends pas tout.

Tu ressens.

Et le ressenti peut être très utile.

Mais il peut aussi être trompeur.

Le corps peut croire qu’il garde le tempo alors qu’il ralentit.
La main droite peut croire qu’elle reste souple alors qu’elle se crispe.
La main gauche peut croire qu’elle arrive à l’heure alors que l’accord tombe après le temps.
L’oreille peut se concentrer sur l’harmonie et rater le placement.
L’énergie peut donner l’impression de groove alors que le tempo accélère.

L’enregistrement enlève cette illusion.

Il te met dans une position d’auditeur.

Tu n’es plus en train de survivre au geste.

Tu écoutes ce qui s’est réellement passé.

C’est pour cela que l’enregistrement est l’un des meilleurs professeurs de rythme.


Pourquoi j’ai l’impression d’être en rythme alors que l’enregistrement prouve le contraire ?

C’est une question très fréquente.

Et elle ne signifie pas que tu n’as aucun sens du rythme.

Elle signifie souvent que ton ressenti interne et ton résultat externe ne sont pas encore alignés.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce décalage.

1. Tu écoutes l’intention, pas le résultat

Dans ta tête, tu sais où tu voulais placer le coup.

Mais l’enregistrement montre où il est vraiment tombé.

2. Tu compenses sans t’en rendre compte

Tu ralentis avant un accord difficile, puis tu accélères après.

Sur le moment, cela peut sembler équilibré.

À l’écoute, on entend la déformation.

3. Tu confonds énergie et tempo

Tu joues plus fort, donc tu crois que le morceau avance mieux.

Mais parfois, il avance surtout plus vite.

4. Tu te focalises sur les bons accords

Si les accords sont corrects, tu peux croire que la prise est bonne.

Mais le rythme peut être instable.

5. Tu ne comptes plus pendant les silences

Le son s’arrête, mais le temps continue.

Si tu ne comptes pas le silence, le retour est flou.

L’enregistrement ne dit pas :

tu es nul

Il dit :

voici l’endroit précis où le ressenti et le résultat ne correspondent pas encore

C’est une information précieuse.


Clic ou feeling : le faux débat

On oppose souvent le clic et le feeling.

Comme si le clic appartenait au monde froid, mécanique, scolaire.

Et comme si le feeling appartenait au monde vivant, humain, musical.

Mais c’est trop simpliste.

Un musicien peut jouer au clic avec énormément de feeling.

Un musicien peut jouer sans clic et être totalement instable.

Le clic n’enlève pas l’émotion.

Il révèle la relation entre ton émotion et le temps.

Il montre si tu sais respirer dans un cadre.

Il montre si tu peux créer du relief sans déformer toute la mesure.

Il montre si tu peux garder une intention tout en restant stable.

Le vrai sujet n’est pas :

clic ou feeling ?

Le vrai sujet est :

est-ce que mon placement est choisi ou subi ?

C’est exactement la question du studio.


Le clic comme miroir, pas comme prison

Le clic doit être utilisé comme un miroir.

Pas comme une prison.

Si tu joues avec le clic et que tu deviens raide, le problème n’est pas forcément le clic.

Le problème peut être :

  • tempo trop rapide ;
  • rythmique trop dense ;
  • main droite trop grande ;
  • peur de l’erreur ;
  • changement d’accord non maîtrisé ;
  • manque de respiration ;
  • volume trop fort ;
  • écoute trop intellectuelle du métronome.

Il faut alors adapter le travail.

Ralentir.
Simplifier.
Travailler deux accords.
Jouer sur cordes étouffées.
Enregistrer 20 secondes.
Corriger un seul point.

Le clic doit t’aider à entendre.

Pas te mettre en panique.


Exercice 1 : clic simple et prise courte

Choisis une grille très simple :

| G | C |

Métronome à 70 BPM.

Joue :

1   2   3   4
B   B   B   B

Enregistre 20 secondes.

N’analyse qu’une chose :

est-ce que le 1 de C arrive en place ?

Si non, ne complexifie pas.

Garde la même rythmique.

Ajoute simplement une préparation :

1   2   3   4
B   B   B   .

Le silence du temps 4 permet à la main gauche de préparer C.

Réenregistre.

Compare.

C’est cela, le studio comme outil pédagogique.

Une prise.

Une observation.

Une correction.

Une nouvelle prise.


Le feeling doit être audible, pas seulement ressenti

Le feeling n’est pas ce que tu crois ressentir.

Le feeling est ce que l’auditeur reçoit.

C’est une idée importante.

Tu peux avoir l’impression de jouer avec beaucoup d’émotion.

Mais si l’enregistrement montre un tempo instable, des accords en retard, des attaques floues et des silences mal coupés, l’émotion ne passe pas clairement.

Elle reste dans ton intention.

Elle n’arrive pas totalement à l’auditeur.

Le travail du rythme consiste à faire passer l’intention dans le son.

Pas à nier l’émotion.

Au contraire.

Un bon placement rend l’émotion plus lisible.

Un silence propre rend une phrase plus forte.

Un tempo stable donne plus de poids à une accélération volontaire.

Un accord court rend un groove plus vivant.

Le feeling n’est pas contre la précision.

Il a besoin d’elle.


Comment analyser mes défauts de rythme sur un enregistrement ?

Il faut éviter d’écouter tout en même temps.

Sinon, tu vas seulement entendre :

ça ne va pas

Et ce n’est pas utile.

Analyse par couches.

Couche 1 : tempo global

Est-ce que le morceau accélère ou ralentit ?

Couche 2 : points de rupture

Où le tempo bouge-t-il ?

Changement d’accord ? Refrain ? Silence ? Passage plus rapide ?

Couche 3 : attaques

Les coups arrivent-ils avant, sur ou après le repère ?

Couche 4 : accents

Les bons coups ressortent-ils ?

Ou certains coups involontaires prennent trop de place ?

Couche 5 : durées

Les accords durent-ils trop longtemps ?

Les silences sont-ils vraiment propres ?

Couche 6 : intention

Le résultat raconte-t-il ce que tu voulais raconter ?

C’est une méthode simple.

Elle évite de transformer l’écoute en jugement vague.


Exercice 2 : grille d’analyse en 6 questions

Après une prise, réponds à ces six questions.

1. Le tempo global bouge-t-il ?
2. Où est le premier endroit où ça se dérègle ?
3. Le problème vient-il de la main droite ou du changement d’accord ?
4. Les accents sont-ils volontaires ?
5. Les silences sont-ils propres ?
6. Quelle correction unique vais-je tester ?

La dernière question est la plus importante.

Ne corrige pas tout.

Choisis une seule action.

Exemple :

Je vais retirer les coups sur 3 et 4 pour préparer le changement.

ou :

Je vais alléger les retours vers le haut.

ou :

Je vais descendre de 10 BPM.

Une correction claire vaut mieux qu’un grand diagnostic.


Les points de rupture : là où le rythme se dérègle

En studio, il faut repérer les points de rupture.

Ce sont les endroits où le groove se défait.

Ils peuvent être très précis :

  • juste avant un changement d’accord ;
  • au moment où le chant entre ;
  • au début du refrain ;
  • après un silence ;
  • après un break ;
  • sur un contretemps ;
  • quand la main droite passe de croches à doubles croches ;
  • quand tu joues plus fort ;
  • quand tu anticipes un passage difficile.

Le point de rupture est précieux.

Parce qu’il évite de retravailler tout le morceau.

Si ton problème arrive seulement entre G et C, inutile de rejouer toute la chanson pendant une heure.

Travaille G vers C.

Lentement.

Précisément.

Puis réintègre.

C’est beaucoup plus efficace.


Exercice 3 : isoler le point de rupture

Écoute ta prise.

Repère le premier endroit où tu entends un problème.

Note-le.

Exemple :

Mesure 4 : passage de D vers Em.

Maintenant, travaille seulement :

| D | Em |

Pendant 5 minutes.

Avec la rythmique simplifiée.

Puis réenregistre seulement ce passage.

Enfin, remets-le dans la grille complète.

Ce travail est très professionnel.

En studio, on ne corrige pas tout au hasard.

On isole.

On répare.

On réintègre.


Avance et retard : entendre le placement

Un guitariste peut être globalement au tempo, mais placer certains coups légèrement en avance ou en retard.

Cela change tout.

Un accord un peu en avance peut donner de l’urgence.

Un accord un peu en retard peut donner du poids.

Mais seulement si c’est choisi.

Si chaque coup tombe différemment, le groove devient instable.

Pour commencer, analyse simplement :

  • est-ce que je tombe avant le clic ?
  • après le clic ?
  • ou autour du clic ?
  • est-ce constant ?
  • est-ce seulement sur certains coups ?

Un défaut constant peut se corriger.

Un défaut aléatoire demande de simplifier.

L’irrégularité non choisie fatigue l’écoute.


Exercice 4 : comparer au clic

Enregistre une rythmique sur cordes étouffées :

1 et 2 et 3 et 4 et
B H B H B H B H

Métronome à 70 BPM.

Écoute uniquement les coups sur les temps :

1 2 3 4

Sont-ils alignés avec le clic ?

Puis écoute les et.

Sont-ils réguliers ?

Tu peux aussi taper la pulsation avec la main en écoutant l’enregistrement.

Si tu sens que certains coups tirent ou poussent, note-le.

L’objectif n’est pas de devenir parfait.

L’objectif est d’entendre plus précisément.


Les accents involontaires

L’enregistrement révèle souvent des accents qu’on ne pensait pas faire.

Par exemple :

  • retour vers le haut trop fort ;
  • changement d’accord plus violent ;
  • premier coup après une difficulté trop marqué ;
  • coup étouffé trop présent ;
  • corde grave trop forte ;
  • accent qui déplace le groove ;
  • 2 et 4 trop écrasés ;
  • contretemps trop nerveux.

Ces accents involontaires peuvent changer complètement le style.

Un rythme folk peut devenir nerveux.

Un reggae peut perdre son rebond.

Une bossa peut devenir lourde.

Un rock peut devenir plat.

Il faut donc écouter ce qui ressort réellement.

Pas ce qu’on croyait jouer.


Exercice 5 : accents contrôlés

Joue cette rythmique :

1 et 2 et 3 et 4 et
B   B H   H B H

Enregistre trois versions.

Version 1 : tout doux

Aucun accent fort.

Version 2 : accent sur 2 et 4

Plus rock / backbeat.

Version 3 : retours vers le haut très légers

Plus folk / pop acoustique.

Écoute.

Si les versions se ressemblent trop, c’est que ta dynamique n’est pas encore assez contrôlée.

Si la version 3 a encore des retours trop forts, travaille à volume plus bas.

Le studio révèle la dynamique réelle.


Les durées : le son traîne-t-il trop ?

En studio, les durées deviennent évidentes.

Un accord qui semblait agréable en jouant peut paraître trop long à l’écoute.

Une corde à vide peut brouiller le changement.

Un palm mute peut être trop fermé.

Une pompe peut être trop sèche.

Un silence peut ne pas être vraiment silencieux.

La durée est un paramètre de rythme.

Pas seulement de son.

Un accord long remplit.
Un accord court précise.
Un silence relance.
Une coupure nette donne du groove.

À la guitare, la main gauche est responsable d’une grande partie de ce travail.

Elle ne sert pas seulement à poser les doigts.

Elle sert à décider quand le son s’arrête.


Exercice 6 : analyser les durées

Sur Am, enregistre quatre coups :

1   2   3   4
X   X   X   X

Version 1 : accords longs.

Version 2 : accords courts.

Version 3 : 1 long, 2 court, 3 long, 4 court.

Écoute les trois versions.

Quelle version groove le plus ?

Quelle version respire le mieux ?

Quelle version correspond au style ?

Tu viens d’analyser un paramètre souvent oublié : la durée.

Et dans un enregistrement, la durée change énormément la perception.


Les silences : le studio entend tout

Le silence est l’un des plus grands révélateurs en studio.

Parce que le micro entend ce que toi tu oublies :

  • corde qui vibre ;
  • main qui frotte ;
  • accord mal coupé ;
  • respiration tendue ;
  • bruit de médiator ;
  • retour parasite ;
  • résonance involontaire ;
  • coup joué pendant un silence.

Cela peut être musical.

Ou pas.

Le problème n’est pas le bruit en soi.

Le problème est l’intention.

Si le silence devait être net, il doit être net.

Si une résonance est voulue, elle doit être assumée.

En studio, le hasard devient très audible.


Exercice 7 : silence de fin de mesure

Joue :

1 et 2 et 3 et 4 et
B   B H   . . .

Enregistre.

Écoute seulement la fin de mesure.

Question :

le silence est-il vraiment propre ?

Si non, cherche la cause :

  • main gauche ne coupe pas ?
  • main droite touche une corde ?
  • corde à vide ?
  • accord trop long ?
  • respiration qui crée une tension ?
  • main droite qui se fige ?

Corrige une seule chose.

Puis réenregistre.


Quantifier ou ne pas quantifier ?

En production, on peut souvent corriger le timing après coup.

On peut déplacer une prise.

On peut recaler.

On peut quantifier.

On peut couper, éditer, nettoyer.

Mais pédagogiquement, il faut faire attention.

Corriger une prise peut produire un meilleur résultat final.

Mais cela ne corrige pas ton geste.

Si le but est de publier une production, l’édition peut être légitime.

Si le but est de progresser comme guitariste, il faut revenir au geste.

Les deux approches ne sont pas opposées.

Mais il faut savoir ce que l’on fait.

L’édition améliore une prise.
Le travail améliore le musicien.

En Guitar Social Club, l’objectif est d’abord d’améliorer le musicien.

Pas seulement de maquiller la prise.


Jouer sans clic : quand est-ce pertinent ?

Jouer sans clic peut être très musical.

Certaines musiques respirent beaucoup.

Certaines chansons gagnent à bouger légèrement.

Certains passages ralentissent naturellement.

Certains refrains poussent.

Certaines introductions doivent flotter.

Mais jouer sans clic demande une grande conscience du temps.

Il ne s’agit pas de jouer sans repère.

Il s’agit d’avoir un repère interne.

Si tu joues sans clic parce que tu maîtrises la respiration du morceau, très bien.

Si tu joues sans clic parce que le clic révèle trop de problèmes, ce n’est pas la même chose.

Le clic peut être retiré.

Mais seulement quand le temps intérieur est solide.


Exercice 8 : avec clic puis sans clic

Choisis une grille :

| Em | C | G | D |

Joue avec clic à 75 BPM.

Enregistre.

Puis joue sans clic, mais en gardant le même tempo intérieur.

Enregistre.

Compare :

  • est-ce que le tempo dérive ?
  • est-ce que tu accélères au refrain ?
  • est-ce que les changements ralentissent ?
  • est-ce que la version sans clic respire mieux ?
  • ou devient-elle simplement instable ?

C’est un excellent test.

Il permet de distinguer respiration musicale et imprécision.


La prise studio comme outil pédagogique

Un enregistrement n’est pas seulement un résultat.

C’est un outil de travail.

Tu peux l’utiliser en trois temps.

1. Prise témoin

Tu joues une première version.

Sans trop réfléchir.

2. Analyse

Tu repères un problème précis.

Pas dix.

3. Prise corrigée

Tu rejoues avec une seule correction.

Puis tu compares.

Cette méthode est très efficace.

Parce qu’elle transforme l’enregistrement en boucle d’apprentissage.

Tu ne fais pas seulement une prise.

Tu apprends de la prise.


Travailler avec Guitar Social Club

Dans Guitar Social Club, ce travail peut devenir une routine courte.

Tu peux partir :

  • d’une rythmique ;
  • d’un morceau ;
  • d’un changement d’accord ;
  • d’un tempo ;
  • d’une difficulté de placement ;
  • d’un enregistrement.

Puis suivre une logique :

  1. jouer ;
  2. enregistrer ;
  3. écouter ;
  4. identifier le premier défaut ;
  5. simplifier ;
  6. corriger ;
  7. rejouer ;
  8. comparer.

C’est exactement le passage du ressenti à la preuve.

Et c’est souvent ce qui manque aux guitaristes.

Ils répètent beaucoup.

Mais ils ne savent pas précisément quoi corriger.

L’enregistrement donne une direction.


Travailler avec Guitar Match & Play

Guitar Match & Play peut aider à comparer ton placement avec une référence.

C’est particulièrement utile si tu veux savoir :

  • si tu es en avance ;
  • si tu es en retard ;
  • si tes attaques sont régulières ;
  • si tes contretemps flottent ;
  • si tes changements d’accords cassent la mesure ;
  • si ton tempo dérive ;
  • si ta prise corrigée est meilleure que la précédente.

Le but n’est pas de remplacer l’oreille.

Le but est de l’éduquer.

Plus tu compares, plus tu apprends à entendre.

Et plus tu entends, moins tu dépends de l’outil.

C’est la bonne progression.


Routine de 15 minutes

Voici une routine simple pour travailler rythme et enregistrement.

Minute 0 à 2 : choisir le passage

Deux accords ou quatre mesures.

Pas plus.

Minute 2 à 4 : prise témoin

Enregistre sans t’arrêter.

Minute 4 à 6 : écoute ciblée

Choisis un seul point :

  • tempo ;
  • changement ;
  • accent ;
  • silence ;
  • durée.

Minute 6 à 8 : correction

Simplifie ou ralentis.

Minute 8 à 10 : prise corrigée

Réenregistre.

Minute 10 à 12 : comparaison

La deuxième prise est-elle plus stable ?

Minute 12 à 15 : intégration

Remets le passage dans une grille plus longue.

Écoute :

Est-ce que la correction tient encore dans la musique ?

C’est une vraie routine de studio pédagogique.


Erreurs fréquentes

Erreur 1 : croire que le clic tue le feeling

Le clic peut révéler les problèmes, mais il ne tue pas l’émotion. Il aide à savoir si le placement est choisi ou subi.

Erreur 2 : écouter toute la prise en même temps

Analyse un seul paramètre à la fois : tempo, attaque, accent, durée, silence ou changement.

Erreur 3 : rejouer tout le morceau sans isoler

Si le problème arrive à un endroit précis, travaille cet endroit précis.

Erreur 4 : corriger la prise mais pas le geste

L’édition peut améliorer un enregistrement, mais elle ne remplace pas le travail du musicien.

Erreur 5 : confondre respiration et instabilité

Un tempo peut respirer, mais il faut savoir si le mouvement est volontaire ou subi.

Erreur 6 : ne pas comparer deux prises

Sans comparaison, on ne sait pas si la correction a vraiment fonctionné.


À retenir

Le rythme en studio pose une question essentielle :

clic ou feeling ?

Mais la vraie question est plus profonde :

est-ce que mon placement est choisi ou subi ?

Pour progresser, retiens ceci :

  • l’enregistrement révèle ce que le ressenti cache ;
  • le clic est un miroir, pas une prison ;
  • le feeling doit être audible, pas seulement ressenti ;
  • il faut analyser un seul défaut à la fois ;
  • les points de rupture sont les endroits prioritaires ;
  • les accents involontaires changent le groove ;
  • les durées et les silences comptent autant que les attaques ;
  • jouer sans clic demande un temps intérieur solide ;
  • l’édition corrige une prise, le travail corrige le musicien ;
  • Guitar Social Club permet de transformer l’enregistrement en routine ;
  • Guitar Match & Play peut aider à comparer le placement.

Ne te décourage pas si l’enregistrement te contredit.

C’est normal.

C’est même le début du vrai travail.

Le studio ne ment pas.

Et quand on apprend à écouter ce qu’il révèle, chaque prise devient un professeur.


Questions fréquentes

Faut-il jouer au clic en studio ?
Souvent oui, surtout pour travailler la stabilité et faciliter l’arrangement. Mais le clic doit servir la musique, pas rendre le jeu rigide.
Le clic tue-t-il le feeling ?
Non. Il peut révéler les défauts de placement, mais un bon musicien peut jouer avec beaucoup de feeling dans un cadre stable.
Pourquoi j’ai l’impression d’être en rythme alors que l’enregistrement prouve le contraire ?
Parce que le ressenti pendant le jeu peut masquer les ralentissements, les accents involontaires, les silences mal coupés ou les changements d’accords en retard.
Comment analyser mes défauts de rythme sur un enregistrement ?
Écoute un seul paramètre à la fois : tempo global, point de rupture, attaques, accents, durées, silences ou changements d’accords.
Dois-je corriger mes prises au montage ?
Cela dépend de l’objectif. Pour publier une production, l’édition peut être utile. Pour progresser comme guitariste, il faut aussi corriger le geste.
Comment savoir si un ralentissement est musical ?
S’il est volontaire, reproductible et cohérent avec l’émotion du morceau, il peut être musical. S’il arrive toujours au même accord difficile, c’est probablement un problème technique.
Comment travailler un passage qui ralentit ?
Isole seulement ce passage, ralentis le tempo, simplifie la rythmique, enregistre, puis compare la prise corrigée avec la prise témoin.
Quel outil GSC utiliser pour analyser mon rythme ?
Guitar Social Club peut aider à construire une routine de correction. Guitar Match & Play peut aider à comparer ton placement à une référence et repérer les écarts.

Vous avez maintenant une meilleure compréhension de ce point rythmique.

Pour transformer cela en progression réelle, avec des exercices, des morceaux adaptés et une pratique régulière, découvrez Guitar Social Club .

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