Développer son oreille change la manière d’apprendre, de mémoriser et de jouer. Pour relier cette écoute à une progression guidée, découvrez Guitar Social Club .
À retenir : Les chansons repères peuvent lancer la reconnaissance des intervalles, à condition de devenir rapidement une sensation transposable et musicale.
Passez immédiatement à la pratique avec l’entraînement auditif GSC, puis replacez ce travail dans son contexte avec le guide de l’oreille musicale à la guitare.
Entraîner mon oreille
Une fois le repère mémorisé, apprenez à relier votre oreille au manche de la guitare afin de transformer la reconnaissance en geste musical.
Les chansons de référence sont-elles réellement utiles pour reconnaître les intervalles ?
Vous avez peut-être déjà rencontré cette méthode.
Pour mémoriser un intervalle, on vous conseille d’associer les deux premières notes à une chanson connue.
Une seconde mineure ascendante ?
Pensez au thème des Dents de la mer.
Une octave ascendante ?
Pensez au début de Somewhere Over the Rainbow.
Une quarte juste ?
Pensez à une mélodie qui commence avec ce saut.
L’idée paraît simple.
Et elle peut effectivement rendre service.
Une chanson familière donne immédiatement une image sonore à un intervalle qui resterait autrement très abstrait.
Vous ne mémorisez plus seulement :
une quarte juste correspond à cinq demi-tons.
Vous entendez une petite cellule.
Un mouvement.
Une couleur.
Une sensation déjà connue.
Cette association peut donc vous aider à construire un premier repère.
Mais elle possède également une limite importante.
Une chanson de référence peut vous aider à reconnaître un intervalle. Elle ne doit pas devenir l’unique manière de l’entendre.
Si vous mémorisez seulement une mélodie précise, votre oreille risque de reconnaître correctement l’exemple appris sans identifier aussi facilement le même intervalle dans un autre contexte.
Vous entendez le début de votre chanson repère.
Très bien.
Mais reconnaissez-vous encore la relation :
-
lorsqu’elle part d’une autre note ?
-
lorsqu’elle descend au lieu de monter ?
-
lorsqu’elle apparaît au milieu d’une phrase ?
-
lorsqu’elle arrive sur un accord différent ?
-
lorsqu’elle possède un autre rythme ?
-
lorsqu’elle change de registre ?
-
lorsqu’elle est jouée à la basse plutôt qu’à la guitare aiguë ?
C’est précisément à cet endroit que le véritable travail commence.
La bonne réponse : oui, mais comme une béquille provisoire
Une chanson de référence peut être utile lorsque vous découvrez un intervalle.
Elle vous donne un premier crochet mnémotechnique.
Elle permet à votre mémoire de retrouver rapidement une sensation familière.
Elle vous évite parfois de recevoir chaque exercice comme une suite de sons complètement abstraits.
Mais vous devez ensuite déplacer l’intervalle.
Le chanter.
Le transposer.
Le retrouver sur votre guitare.
Le comparer avec un intervalle voisin.
L’entendre dans une petite mélodie.
Puis progressivement cesser de dépendre entièrement de la chanson.
Imaginez que vous appreniez à reconnaître un ami uniquement lorsqu’il porte toujours le même manteau, se tient dans la même rue et vous dit exactement la même phrase.
Vous l’avez bien mémorisé.
Mais votre reconnaissance reste fragile.
Vous devez également le reconnaître ailleurs.
Dans une autre lumière.
Avec une autre tenue.
Dans un autre contexte.
Pour les intervalles, le principe est comparable.
La chanson constitue une première photographie.
Votre oreille doit ensuite apprendre à reconnaître la relation musicale elle-même.
Exemple : l’octave ascendante
Prenons une octave ascendante.
Une chanson familière peut vous aider à entendre immédiatement un saut large qui retrouve la même identité dans un registre supérieur.
Très bien.
Mais ne vous arrêtez pas là.
Prenez votre guitare.
Jouez :
Do → Do
avec le deuxième Do situé une octave plus haut.
Chantez.
Puis déplacez la relation :
-
Sol → Sol ;
-
La → La ;
-
Ré → Ré ;
-
Mi → Mi.
Travaillez ensuite l’octave descendante.
Puis utilisez un autre rythme.
Enfin, retrouvez une octave dans un riff ou une ligne de basse.
Vous transformez progressivement une association mémorisée en véritable relation sonore.
Exemple : la quinte juste
Vous utilisez une chanson connue pour mémoriser la quinte ascendante.
Le repère fonctionne.
Mais la quinte devient réellement utile lorsque vous pouvez chanter :
-
Do → Sol ;
-
Sol → Ré ;
-
La → Mi ;
-
Ré → La.
Puis redescendre :
-
Sol → Do ;
-
Ré → Sol ;
-
Mi → La.
Ensuite, replacez la quinte dans un contexte tonal.
Jouez un accord de Do majeur.
Chantez Do.
Puis Sol.
Écoutez la sensation d’ouverture stable.
Vous ne reconnaissez plus seulement un saut abstrait.
Vous commencez à entendre la fonction de la quinte autour d’un centre.
Exemple : tierce majeure et tierce mineure
La chanson de référence peut également vous aider à différencier deux intervalles proches.
Mais ici encore, elle ne suffit pas.
Jouez :
Do → Mi
Puis :
Do → Mi♭
Comparez.
Chantez.
Rejouez.
Déplacez ensuite la relation :
-
Sol → Si ;
-
Sol → Si♭ ;
-
La → Do♯ ;
-
La → Do.
Replacez enfin les notes dans les triades :
-
Do — Mi — Sol ;
-
Do — Mi♭ — Sol.
La différence devient beaucoup plus concrète.
Vous n’entendez plus seulement deux débuts de chansons différents.
Vous entendez la note qui transforme la couleur de l’accord.
La méthode en cinq étapes
Utilisez une chanson de référence avec cette progression.
Étape 1 — Retrouver le souvenir
Écoutez ou chantez les premières notes de votre chanson repère.
Identifiez l’intervalle.
Étape 2 — Isoler les deux notes
Retirez le reste de la mélodie.
Chantez uniquement les deux hauteurs.
Votre oreille doit apprendre à conserver la relation sans dépendre de toute la chanson.
Étape 3 — Transposer
Rejouez le même intervalle à partir de plusieurs notes.
Par exemple, pour une quinte :
-
Do → Sol ;
-
Ré → La ;
-
Mi → Si ;
-
Sol → Ré.
Étape 4 — Changer la direction et le rythme
Travaillez l’intervalle :
-
ascendant ;
-
descendant ;
-
avec deux notes courtes ;
-
avec une première note tenue ;
-
après un silence ;
-
dans une petite cellule mélodique.
Étape 5 — Revenir vers la musique
Cherchez l’intervalle :
-
dans un riff ;
-
dans une mélodie vocale ;
-
dans une ligne de basse ;
-
dans un arpège ;
-
dans une improvisation très courte.
Vous quittez progressivement la béquille.
Vous apprenez à marcher musicalement.
Pourquoi faut-il également travailler en contexte tonal ?
Un intervalle ne produit pas toujours exactement la même sensation selon sa place dans la tonalité.
Prenons une quarte juste.
La distance entre les deux notes reste identique.
Mais son rôle peut évoluer selon :
-
la tonique ;
-
l’accord ;
-
la note de départ ;
-
la note d’arrivée ;
-
le rythme ;
-
la résolution attendue.
Votre chanson de référence vous apprend une distance.
Le contexte tonal vous apprend une fonction.
Les deux approches peuvent se compléter.
Mais elles ne répondent pas exactement à la même question.
Exercice simple avec un drone
Lancez un drone de Do.
Puis chantez :
-
Do → Sol ;
-
Do → Fa ;
-
Si → Do ;
-
Fa → Mi.
Écoutez.
Vous entendrez progressivement :
-
une ouverture stable ;
-
une suspension ;
-
une tension forte ;
-
une détente plus douce.
Votre oreille commence à dépasser la simple reconnaissance mécanique.
Elle comprend davantage ce que la note produit dans la musique.
Ne cherchez pas immédiatement une chanson pour chaque intervalle
Vous n’avez pas besoin de collectionner douze souvenirs avant de commencer à jouer.
Commencez avec quelques relations utiles :
-
octave ;
-
quinte ;
-
quarte ;
-
tierce majeure ;
-
tierce mineure ;
-
seconde majeure ;
-
seconde mineure.
Puis replacez-les rapidement dans des phrases réelles.
Votre objectif n’est pas de réciter un catalogue.
Votre objectif consiste à mieux entendre :
-
une direction ;
-
une distance ;
-
une fonction ;
-
une couleur ;
-
une destination.
Une chanson connue peut ouvrir la porte.
Mais votre oreille doit ensuite entrer dans la pièce.
Une routine de dix minutes
-
Durée
-
Travail
-
Objectif
-
2 minutes
-
Chanter la chanson de référence puis isoler l’intervalle
-
Installer le crochet mnémotechnique
-
2 minutes
-
Transposer la relation à partir de trois notes
-
Sortir du souvenir figé
-
2 minutes
-
Travailler l’intervalle ascendant puis descendant
-
Entendre les deux directions
-
2 minutes
-
Replacer l’intervalle sur un drone ou un accord
-
Donner une fonction tonale
-
2 minutes
-
Chercher la relation dans une courte mélodie
-
Revenir vers la musique réelle
Vous n’avez pas besoin de travailler tous les intervalles chaque jour.
Choisissez-en un.
Écoutez-le vraiment.
Chantez-le.
Déplacez-le.
Puis utilisez-le.
Comment utiliser l’entraîneur auditif GSC ?
L’entraîneur auditif Guitar Social Club permet de travailler les intervalles et les gammes en contexte tonal, puis de chanter une réponse et de la vérifier avec le micro.
Utilisez une chanson connue comme premier rappel.
Puis poursuivez sans elle.
Protocole
-
pensez à votre chanson de référence ;
-
chantez les deux premières notes ;
-
isolez l’intervalle ;
-
lancez un contexte tonal ;
-
reproduisez la relation à partir d’une autre tonique ;
-
chantez ;
-
vérifiez avec le micro ;
-
retrouvez ensuite l’intervalle sur votre guitare ;
-
terminez par une petite phrase.
La chanson vous aide à démarrer.
L’exercice vous apprend progressivement à ne plus dépendre d’elle.
Les erreurs fréquentes
Apprendre uniquement un catalogue de chansons
Le souvenir constitue un départ.
Pas une méthode complète.
Ne travailler que les intervalles ascendants
Ajoutez progressivement les descentes.
Garder toujours la même note de départ
Transposez.
Votre oreille doit reconnaître une relation.
Ignorer le contexte tonal
Ajoutez un drone ou un accord de référence.
Chercher immédiatement tous les intervalles
Commencez avec quelques contrastes utiles.
Ne jamais chanter
La voix permet de vérifier que l’intervalle existe réellement dans votre mémoire.
Ne jamais revenir vers une mélodie
Un intervalle prend tout son sens lorsqu’il rejoint une phrase musicale.
Utilisez la chanson comme une porte d’entrée
Choisissez une chanson familière.
Chantez les deux premières notes.
Isolez l’intervalle.
Puis retirez progressivement le souvenir.
Chantez les deux sons seuls.
Transposez.
Changez la direction.
Ajoutez un drone.
Retrouvez la relation sur votre guitare.
Enfin, cherchez-la dans une vraie mélodie.
La chanson vous aura rendu service.
Elle vous aura offert une première image.
Mais votre véritable objectif se trouve plus loin.
Vous devez apprendre à entendre l’intervalle lui-même.
Même lorsque la chanson ne joue plus à votre place.
Questions fréquentes
Les chansons de référence sont-elles utiles pour reconnaître les intervalles ?
Pourquoi la chanson ne suffit-elle pas ?
Faut-il apprendre une chanson pour chacun des douze intervalles ?
Faut-il travailler les intervalles ascendants et descendants ?
Le drone peut-il aider ?
Quand faut-il arrêter d’utiliser la chanson de référence ?
Vous avez maintenant un exercice précis pour mieux relier écoute et guitare.
Pour transformer ce travail en habitude musicale, avec des morceaux et un parcours adapté, découvrez Guitar Social Club .
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