Instrument emblématique de l’Inde du Nord, le sitar fascine par ses cordes et son timbre cosmique. L’accordage du sitar (sitar tuning) révèle la structure du raga et guide l’expressivité.
Le sitar : entre spiritualité et science du son
Né au XVIIe siècle, le sitar hérite du veena et du tanpura (drone). Il devient central en musique hindoustanie grâce à des maîtres comme Ravi Shankar, Vilayat Khan ou Anoushka Shankar.
En Inde, l’accordage n’est pas qu’un réglage : c’est un acte préparatoire, presque méditatif. On “met en phase” l’instrument, l’oreille, puis l’intention du raga.
Structure du sitar
- 7 cordes principales : 3–4 mélodiques, 2–3 drones (chikari), parfois une basse (kharaj).
- 11 à 13 cordes sympathiques : tendues sous le manche, elles résonnent par sympathie.
- Chevalet incurvé (jawari) : génère le bourdonnement soyeux.
- Frettes mobiles : déplacées selon le raga et son ambitus.
Le corps en calebasse laquée agit comme une caisse de résonance vivante : chaque vibration nourrit le timbre.
Accordage typique du sitar
L’accordage du sitar varie selon le raga et l’école (gharana), mais la logique est stable : aligner les cordes sur la tonique (Sa), la dominante (Pa) et quelques degrés clés.
Exemple courant (Raga Yaman — majeur avec Ma diésé)
- Cordes mélodiques : Sa (tonique) → Pa (dominante) → Sa’ (octave) → Ni (7e majeure).
- Chikari (drones) : Sa et Pa selon la tessiture.
- Sympathiques : Sa Re Ga Ma(♯) Pa Dha Ni (degrés du raga).
Rappel utile : choisis d’abord ta tonique (Sa) selon ta voix ou ton ensemble (souvent autour de Do/Do♯/Ré), puis règle Pa, Sa’ et enfin les sympathiques. Utilise l’accordeur chromatique GSC pour stabiliser finement.
Procédure d’accordage pas à pas
- Fixe Sa : choisis la tonique (ex. Ré) et accorde une corde de référence.
- Ajoute Pa : règle la dominante à la quinte juste de Sa.
- Place Sa’ : vérifie l’octave (absence de battements).
- Règle les chikari : drones sur Sa/Pa pour le repère modal.
- Accorde les sympathiques : Sa → Ni → Dha → … selon l’ordre du raga.
- Affinage : joue lentement l’aroh/avaroh (montée/descente) et corrige si besoin.
Finis avec quelques meend (glissés) et contrôles de résonance. Si le jawari frise, ajuste la pression de main droite plutôt que la hauteur du chevalet.
Comprendre la logique modale du raga
Un raga n’est pas une simple gamme : c’est un paysage. Il précise des degrés forts, des appuis, des notes de passage, parfois des mouvements différents à la montée et à la descente.
L’accordage prépare cette topographie : tu “poses” le drone (Sa/Pa), tu éclaires les degrés clés, puis tu laisses la résonance guider le phrasé.
Tableau mémo : sargam → notes occidentales (Sa = Do)
- Sa = Do | Re = Ré | Ga = Mi | Ma = Fa | Pa = Sol | Dha = La | Ni = Si
- Komal = note abaissée (b) : Reb, Gab, Dhab, Nib
- Tivra = note haussée (#) : Ma#
Du sitar à la guitare : recréer la sensation du raga
À la guitare, approche modale avec des accordages ouverts : Open D ou Open C6 pour les couleurs majeures, DADFAD pour les modes mineurs.
Simule la résonance sympathique par un drone (corde à vide, pédale sustain) et un toucher régulier. Le secret : la note qui continue de vibrer.
Ressources pour aller plus loin
- Accordeur chromatique GSC
- Tessiture / fréquences des instruments à cordes
- Guitare sitar : la fusion psychédélique
- Accordage C6 guitare
- Boîte à rythmes
- Métronome gratuit
L’accordage comme méditation
Accorder un sitar, c’est aussi accorder l’esprit. Tu poses Sa et Pa, tu laisses les sympathiques réagir, et la vibration devient musique.
Questions fréquentes
Comment accorder un sitar rapidement ?
Combien de cordes sur un sitar ?
À quoi sert le jawari ?
Accordage fixe ou selon le raga ?
Peut-on utiliser un accordeur moderne ?
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